Vers une Responsabilité … en Réalité Virtuelle ?

Pas encore de commentaires

Lors de l’Assemblée Générale du groupe BNP Paribas du 23 mai 2017, la Direction a focalisé ses éléments de langages sur deux thèmes : le numérique et le Responsable Social et Environnemental.

Vers une « banque fiction »…à l’ère de l’industrialisation

« Innovation », « transformation digitale », « parcours client » sont les termes qualifiés pour annoncer la révolution technologique à laquelle doit s’adapter aujourd’hui le Groupe.

Tous ses métiers réfléchissent à de nouveaux concepts, adaptés à la société numérique dans laquelle ils évoluen

t à présent.

La marque aux 4 étoiles transforme sa communication dans le but de convaincre son actionnariat de sa capacité à rester parmi les leaders dans cette « nouvelle économie », sur la base d’investissements massifs (plan stratégique de 3 milliards d’euros) dans les Systèmes d’Information et de communication.

L’objectif affiché est « d’alléger son réseau bancaire » (allant d’un format d’agence ouverte selon des plages conseil à la fermeture définitive) pour laisser entrevoir un « autre futur », basé sur l’expérimentation client.

A grands coups de marketing, BNP Paribas tente de prouver que les starts-up de la Finance (FinTech) et les acteurs neobancaires (Carrefour, FNAC, Orange Bank, etc.) qui viennent élargir l’offre de bancarisation, ne représentent pas aujourd’hui un bouleversement mais autant un élargissement de l’usage qu’un attrait par simple curiosité.

L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), le gendarme bancaire français, a récemment averti que cette ouverture des pratiques nécessite une attention particulière « à la protection des données, à la cyber-sécurité et au respect des dispositifs anti-blanchiment ».

Au-delà de la réelle égalité de concurrence avec ces nouveaux entrants, l’ACPR insiste également sur la protection des clients.

A ce titre, les derniers tests de résistance menés auprès des banques européennes sur leurs capacités à survivre à un scénario économique catastrophe  confirment la pertinence du modèle de Banque universelle.

Un modèle que défend la Direction du Groupe qui a rappelé, lors d’une commission interne, que les clients français restaient majoritairement attachés à leur agence.

Une agence qui, selon la Direction, doit permettre d’assurer non seulement un rôle de recrutement et de fidélisation des clients mais également un rôle de conseil qui va se renforcer dans les années à venir.

De ce constat, La Direction doit percevoir que, lors de chaque fermeture d’agence, les incidences sont multiples : impact sur l’image de marque, sur l’empreinte sociale ou sur le basculement de la clientèle vers la concurrence.

Comment comprendre l’ambivalence d’un discours porteur d’un autre monde basé sur le digital, le virtuel et une réalité basée sur des salariés pressurisés par l’atteinte d’objectifs à croissance exponentielle !?

Vers une « banque verdisée »…pleine d’ambiguïté

A l’image de l’Investissement Socialement Responsable (ISR), pour lequel l’attrait des particuliers progresse  de manière impressionnante, sous l’effet d’un changement dans sa perception et d’une évolution culturelle vis-à-vis des conséquences (litiges environnementaux, sociaux et de gouvernance), BNP Paribas évolue dans sa communication en comprenant son intérêt à insister sur la « dimension extra-financière » dans chacune de ses actions.

L’Assemblée Générale du groupe BNP Paribas a consacré un rapide temps d’explication (7 minutes) sur sa Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE). Un instant qui a suscité quelques réactions remarquables telles que celle de L’ONG Les Amis de la Terre.

Au-delà d’une quête des distinctions, FO Banques BNPP attend de la Direction une reconnaissance de l’engagement et une récompense de l’effort que déploie de manière durable sa Richesse Humaine.

De nouvelles orientations pour le Retail vont prochainement être présentées par la Direction.

 FO Banques BNPP saura faire preuve de concertation et d’une volonté de dialoguer, de manière ouverte et honnête.

Seulement, nous défendrons nos positions et jugerons sur les actes.

Nous attendons également des réformes qui profitent aux salariés.

Le calendrier, la méthode et le contenu (c’est-à-dire le fond et la forme) seront au centre de nos préoccupations.

Il conviendra de savoir se donner le temps de l’écoute pour adapter équitablement et positivement les mesures aux spécificités locales et d’expertise.

Le piège serait de se précipiter vers de mauvaises décisions qui ne seraient ni comprises ni suivies tant des salariés que des clients.