Quel avenir pour les salariés de CIB ?

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* Constat et projection *

L’examen détaillé des résultats au 31 décembre 2018 du Groupe BNP Paribas suscite de nombreuses interrogations sur l’avenir à court et moyen terme du pôle Corporate & Institutional Banking (CIB).

Face à un environnement défavorable, le pôle a subi une chute de ses revenus sur chacune de ses business lines. La trajectoire définie dans le plan de développement 2017-2020 doit donc être révisée.

Trois axes sont mis en œuvre pour CIB :

  1. Une amplification de l’industrialisation pour réduire les coûts ;
  2. Une intensification de la transformation digitale ;
  3. Un arrêt des segments d’activité non-stratégiques et une croissance plus sélective et rentable.

Qu’en est-il concrètement ?

Depuis plusieurs années, les plans de départ volontaire se cumulent, les réorganisations de fond s’accélèrent.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas simplement d’une adaptation progressive du pôle CIB mais bien plus largement d’une révolution à court terme sur les métiers directs de CIB et ceux indirectement liés (tels que l’ALM-Trésorerie et BDDF Entreprises pour CIB).

Les enjeux précisés dans le communiqué de presse BNP Paribas sur les résultats sont détaillés et chiffrés.

CIB doit générer 350 millions d’euros de plus d’économies récurrentes d’ici 2020 (850 millions d’euros contre 500 millions d’euros soit 70% de plus), hors celles liées aux sorties d’activités.

Le modèle « universel » multi segments de CIB ne peut plus perdurer. Il faut faire preuve d’une meilleure sélectivité pour une croissance immédiate plus rentable. De quoi s’agit-il, selon le communiqué de presse ?

Revue des segments d’activité non-stratégiques, sous-dimensionnées ou non-profitables (arrêt par exemple des activités pour compte propre d’Opera Trading Capital et des opérations de dérivés sur matières premières aux Etats-Unis), analyse de certaines implantations périphériques et rationalisation de la relation avec les clients non rentables. Le périmètre préliminaire des sorties potentielles pourraient représenter des revenus de l’ordre de 200 à 300 millions d’euros pour un coefficient d’exploitation supérieur à 100% et des actifs pondérés de 5 milliards d’euros…

…Priorité donnée à une croissance encore plus sélective et rentable avec notamment le renforcement des coopérations entre les métiers (ex : élargissement de la plateforme commune de Corporate Banking et Global Markets pour développer la politique Originate & Distribute), la mise en place de mesures ciblées dans Global Markets pour redresser les performances des activités de change et dérivés d’actions, la poursuite dans Corporate Banking du développement dans les pays cibles en Europe et de la croissance sélective en Amérique et en Asie, et l’intégration des acquisitions réalisées dans Securities Services

Nous avons déjà communiqué sur la refonte de la Fonction IT et Opérations (ITO) de CIB. Une transformation annoncée, qui est en marche et qui est le marqueur de ce qui arrivera aux métiers. L’industrialisation et la simplification touchent les outils et les organisations. Toute la chaine de création de valeur, des infrastructures, par la production, le support, le développement puis les opérations s’inscrit dans une refonte unifiée (une « coopération ») entre tous les métiers (Global Markets, Global Banking, BP2S) et les régions et ainsi approfondir le modèle « One Bank ». De quoi s’agit-il, selon le communiqué de presse ?

Amplification de l’industrialisation pour réduire les coûts avec notamment l’adaptation des activités de flux à l’électronisation rapide des marchés dans Global Markets, le développement de plateformes partagées dans Corporate Banking, l’industrialisation du modèle d’opérations multi-local dans Securities Services, et la rationalisation et la mutualisation de l’informatique et des back offices

Au-delà des réorganisations lancées, l’attente sur la transformation digitale est forte. L’Intelligence Artificielle et la robotisation des process et des tâches vont se déployer et toucher fortement tous les métiers. Se pose alors la question sur l’arrêt du projet de robotisation chez CIB ? Pourquoi alors réduire le budget de transformation en 2019 de 300 millions d’euros (700 millions contre 1 milliard). La Direction apporte comme réponse une bonne gestion des projets et une fin prévue en anticipation des dates initiales.

La dématérialisation sera mise en œuvre plus largement et de manière plus unifiée (filière IT) pour des gains économiques et d’instantanéité des flux de données. Au travers de la notion d’ « utilisation sélective du cloud » précisée dans le communiqué de presse, le Groupe annonce évoluer vers un cloud hybride privé-public. Quel est alors l’avenir du cloud privé de CIB. Quel est l’avenir du projet Infra V2 ? Quel lien avec la joint-venture BP2I (son contrat ayant été récemment reconduit sur 8 ans) ?

FO Banques BNP Paribas précise que ces informations n’ont jamais été discutées dans une instance (Comité  d’Etablissement des Pôles & Fonctions, Comité Central d’Entreprise…).

Une fois de plus, notre Groupe organise son avenir sans respect d’un réel dialogue social, sans prendre en compte les impacts sur ses salariés.

Il en est de même sur le développement des centres de compétences internationaux qui serviraient de « rationalisation des structures » (selon le communiqué). Aucun retour d’expérience n’a été produit par la Direction. Pourquoi ? Il suffit de prendre contact avec les salariés qui dialoguent avec le centre au Portugal (Lisbonne) ou en Inde (Mumbai, Chennai), par exemple, pour découvrir la situation. Entre des problèmes de qualité de livraison, des formations incessantes à distance (turnover très important), la pression revient sur les salariés en France qui doivent respecter des dates de reporting ou qui doivent intégrer les données dans les outils du Groupe…

FO Banques BNP Paribas s’inquiète sur la dégradation des conditions de travail, dans des lieux moins sécurisés, souvent écartés des zones d’activités centrales, repensés en flex-office pour gagner toujours plus en coûts immobiliers, aseptisés, dans lesquels le salarié devient un nomade, un numéro !

FO Banques BNP Paribas s’interroge sur l’avenir des salariés de CIB, dans un cadre hors normes de 850 millions d’euros d’économies à appliquer. La Société Générale annonce un plan de réduction de ses coûts de 500 millions et une suppression de 1.500 postes dans le monde. Qu’en sera-t-il au niveau de notre Groupe ? Une piste avancée serait de couper dans les budgets de prestataires externes, particulièrement dans l’IT où leur présence est forte.

FO Banques BNP Paribas reste mobilisé pour répondre à vos :