La Lettre des Cadres N°35

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Le 08 mars, les droits des Femmes

Comme chaque année, tous les médias se sont fait l’écho de la journée internationale des droits de la femme. Attention, le 08 mars n’est pas la journée de la femme mais bien des droits des femmes.

Si pour certains cette nuance peut paraître anodine, elle ne l’est pas tant que cela.

L’ambition de cette date est de sensibiliser l’ensemble des protagonistes quant à l’existence des inégalités et des discriminations que subissent encore les femmes dans notre société moderne.

Mais d’où vient cette journée ?

Historiquement il faut se rappeler les points suivants :

  • 28 février 1909 : première journée nationale de la femme aux Etats-Unis (National Woman’s Day). Par la suite et jusqu’en 1913, la date fixée sera le dernier dimanche du mois.
  • 8 mars 1917 : manifestations d’ouvrières. Les Bolchevicks considéreront cette date comme le premier jour de la révolution russe.
  • En 1921, l’URSS en fait un jour férié mais non chômé et ce jusqu’en 1965.
  • Cette journée est officialisée par les Nations Unies en 1977 avec pour origine de meilleures conditions de travail et le droit de vote des femmes (pour rappel les femmes ont acquis ce droit en France en 1944).

Annuellement, l’ONU fixe un thème de réflexion. Cette année : « Leadership féminin : pour un futur égalitaire dans le monde de la COVID-19 ».

Questionnement éminemment intéressant, sachant qu’en vertu de nombreuses restrictions légales dans le monde, 2,7 milliards de femmes ont été privées d’accéder au même choix que les hommes en matière d’emploi.

Si historiquement les femmes ont toujours eu le droit de travailler, la vraie question a été et est toujours à quel prix ?

En effet, les femmes ont toujours travaillé, mais ce travail n’était soit pas reconnu, soit pas payé et parfois même les deux.

Cependant, rappelez-vous, pendant la première Guerre mondiale, les hommes étant au front, ce sont les femmes qui les ont remplacés pour assurer la continuité de l’activité, notamment dans les usines de fabrication des munitions. Elles n’étaient certes pas en première ligne sur les champs de bataille, mais, sans leur présence sur ces postes, la victoire n’aurait pu être possible.

En France, de nombreuses évolutions législatives furent introduites dans la perspective de réduire les différenciations injustifiées et illégitimes entre les femmes et les hommes. Pour n’en citer que quelques-unes :

  • 1907 : une loi autorise les femmes à avoir un salaire et d’en disposer librement, d’où l’introduction dans le Code Civil d’un article selon lequel les époux contribuent aux charges du ménage. Toutefois, en cas d’abus de la femme, le mari était en capacité d’en faire prononcer le retrait.
  • 1965 : elles acquièrent le droit de travailler sans demander l’autorisation préalable de leur mari. Elles peuvent également ouvrir un compte bancaire.
  • 1972 : une loi affirme qu’elles doivent bénéficier d’un même salaire dès lors qu’elles ont le même travail qu’un homme … Aujourd’hui le hashtag #8mars15h40 témoigne que sur une journée de travail traditionnelle « 9h-17h », à partir de 15h40 et ce tous les jours de l’année, les femmes travaillent « gratuitement ».

Depuis peu, les entreprises doivent publier avant le 1er mars, leur index d’égalité professionnelle. L’objectif est de tenter d’atténuer les inégalités résultant du genre (salaires, promotions etc.).

Si depuis peu des progrès sont faits, la route reste encore longue pour que féminité rime avec égalité.

FO a toujours été et restera impliqué dans ce combat qui est encore loin d’être gagné.

N’oublions pas que c’est un certain André CAHN (Secrétaire Général de l’Union Départemental FO 35), qui en 1965 créa à Rennes le « planning familial » et que pendant de longues années, c’est dans les locaux de l’UD FO 35 qu’a été hébergé et protégé cette association qui recevait de nombreuses femmes et les informait notamment sur la contraception