La Lettre des Cadres N°29

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Vers une rémunération plus équitable…

 

Le projet de loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises) a été voté le 9 octobre à l’Assemblée Nationale. L’étape suivante est le passage devant le sénat en Janvier 2019. L’occasion doit être saisie de repenser la finalité de l’entreprise qui ne doit pas être que celle de faire des profits. Elle doit porter un rôle dans la réduction des inégalités et devenir l’un des rouages de redistribution plus équitable des richesses.

Les grandes entreprises doivent changer de paradigme en cessant les versements record de dividendes.

Selon un sondage Ifop de mars 2018, 83% des français estiment que le partage des richesses créées par les entreprises est inéquitable.

Le texte de ce projet veut imposer aux entreprises de plus de 5.000 salariés dans le monde ou de plus de 1.000 en France de publier la rémunération des hauts salaires et les écarts entre les niveaux de rémunération. L’objectif est de tendre vers une plus grande transparence, déjà en marche dans le monde.

En France, l’Erafp (Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique) estime que la rémunération globale « maximum socialement tolérable » devrait correspondre à 100 fois le Smic. Il propose aussi pour les grandes entreprises cotées un ratio entre salaire médian et salaire du dirigeant qui ne dépasse pas un rapport de 1 à 50. D’après Frédéric Fréry, professeur à l’ESCP, à partir du début des années 2000, l’écart de rémunération entre le patron et le salarié le moins bien payé a explosé, passant de 1 à 300 en 2000 à 1 à 373 en 2015. Rappelons tout de même qu’il n’était que de 1 à 30 en 1978.

L’arrivée en août 2018 du nouveau patron d’Air France-KLM, Benjamin Smith, a créé une vaste polémique quant au salaire annuel octroyé de 3,3 millions d’euros, près de trois fois plus que son prédécesseur. Comment expliquer un tel décalage, une telle inflation alors même que le groupe traverse une période difficile ?

Est-ce différent chez BNP Paribas ? Son état de santé au plan financier est très souvent félicité. Son modèle de banque universelle quasiment unique permet de développer un mécanisme de synergies entre ses activités de banque de détail, de banque privée et celle de financement et d’investissement…

Et pourtant…Au plan rémunération, la redistribution est invisible. Pour exemple, la rémunération mensuelle moyenne des techniciens (2.536 euros) reste figée entre 2015 et 2017 ; celle des cadres n’évolue que de +0,6% (4.533 euros vs 4559 euros). Que dire des révisions de situations de plus en plus espacées ? Que dire du modèle d’Incitations Commerciales dans le réseau en total décalage avec le travail fourni et l’investissement de chacun des salariés. Ce mode de redistribution du variable doit être réinventé avec les salariés, pour mettre fin aux injustices constatées sur le terrain.

Cette Lettre Des Cadres FO Banques BNP Paribas numéro 29 vous propose de balayer par périmètre de la banque les sentiments exprimés par les salariés et de la compléter d’articles de presse en lien avec la thématique abordée.