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 Quelles évolutions sociales dans les Banques en 2018 ? *

L‘Association française des banques est l’organisme professionnel des 181 banques relevant de la convention collective AFB. Elle publie chaque année un rapport sur les données sociales relatives aux personnels des banques de la branche. FO Banques BNP Paribas vous livre son analyse.

 

Effectifs et mouvements

Fin 2018, les banques employaient 195 300 salariés, en CDI ou CDD (hors alternants). Un chiffre en baisse de -0,6% par rapport à 2017.

Cette décroissance des effectifs impacte la structure selon le genre, le statut, l’âge, le lieu et le niveau.

Les 20 500 départs ont plus impacté les techniciens (41%) que les 19 800 embauches (32% de techniciens). De même, pour les femmes, qui ont été 53% à partir alors que 51% ont intégré une banque…
Ce sont les métiers Force de vente qui ont été largement impactés par les départs, un secteur majeur (48,6% des effectifs en 2018) dans lequel les femmes sont fortement présentes. Inversement, ce sont les métiers liés à l’Informatique et les Technologies qui ont bénéficié des transformations des modèles bancaires (13,2% en 2018). Des métiers majoritairement constitués d’hommes…
L’âge moyen des hommes baisse (42,8 en 2018, 43,3 en 2012). Celui des femmes reste stable (41,7 ans).

L’âge moyen des salariés des métiers Force de vente évolue légèrement au fil des années (39,8 ans en 2018, 39,5 ans en 2012). A noter que, parmi ces salariés, les postes de Chargé d’accueil (dans les banques qui en disposent encore) et de Chargé de clientèle particuliers restent occupés plus de 7 fois sur 10 par une femme. Ces deux seuls postes de techniciens représentent 29% des recrutements en 2018.

La part des 40-49 ans est la seule à augmenter de plus d’un point (26,8% en 2018, 25,7% en 2017). Une tendance liée au fait que les nombreux départs à la retraite ces dernières années ont généré une chute relativement forte des 50 ans et plus (27% en 2018, 30,6% en 2017), de -5 points chez les hommes et de -3 points chez les femmes.
La part des salariés ayant moins de 30 ans chute car la recherche de profils toujours plus experts et/ou expérimentés conduit à une montée progressive de l’âge moyen des nouveaux embauchés.
Alors que les annonces dans la presse sur la priorité à donner aux compétences comportementales et transversales dans le cadre des recrutements, force est de constater que le niveau scolaire reste un pilier majeur de sélection : 63,1% de BAC +4/5 en 2018 contre 51,8% en 2014. Sur la même période, la part des BAC +2 s’est réduite de 9 points.

La part des effectifs travaillant dans les départements de Paris Ile-de-France est de 60,3%, en augmentation constante depuis 2014 (+1,6 points).

Promotions

Pour rappel, une promotion correspond au passage à un niveau supérieur de la classification de la convention collective de la Banque, soit de B à G pour les techniciens et de H à K pour les cadres. Les « hors convention » étant communément identifiés avec la lettre L.

Le nombre de promotion a chuté de 300 bénéficiaires, entre 2018 (15 300) et 2017 (15 600).

Au niveau de la structure des promotions par statut, ce sont les cadres qui progressent largement (45,1% en 2018, 40,4% en 2017)… au détriment des techniciens.

Au niveau de la structure des promotions par genre, ce sont les hommes qui en bénéficient plus (41% en 2018, 39,6% en 2017)… au détriment des femmes.

De même, le taux de promotion (rapport entre le nombre de promotions et l’effectif N-1) est en chute progressive pour les femmes (8,9% en 2018, 9,3% en 2014).

Départs

Comme précisé, les départs CDI+CDD progressent continuellement depuis 2014 (antériorité non annoncée). De 17 800 contrats terminés en 2014, les banques ont signés 20 500 départs en 2018, soit +15%.

Au-delà de cette explosion, c’est la structure même de ces départs qui est inquiétante. Le poids des CDI évolue inexorablement depuis 2014, avec 72,3% en 2018, soit 14 800 départs (70,8% en 2014).

Le taux de départ (rapport entre le nombre de fin de contrats et les effectifs N-1), supérieur aux embauches, continue de croitre, avec 11,5% en 2018 (8,6% en 2014).

Les progressions selon le type de départ des CDI n’est pas qu’un effet de communiqués qui se retrouvent dans la presse. Les démissions ont augmenté de +58% depuis 5 ans, pour attendre 39,1% des départs en 2018 ! Les autres augmentations concernent les ruptures conventionnelles (4,4% en 2018), les licenciements y compris pour raisons économiques (12,9% en 2018).

Plus d’un départ sur deux concerne en 2018 les métiers Force de vente, dont 21,1 % les Chargés de clientèle particuliers.

Au niveau de la structure par statut, ce sont les cadres les plus impactés, de manière continue (59,2% en 2018, 54,4% en 2014).

Au niveau de la structure par genre, ce sont les femmes les plus touchées (53% en 2018, 50,5 % en 2014).

Au niveau de la structure par âge, C’est la tranche 40-49 ans qui évolue le plus fortement (15,1% en 2018, 11,4% en 2014).

FO Banques BNP Paribas déplore que ses combats au quotidien, en faveur des diversités, contre toutes les formes d’inégalités, pour la sécurité de l’emploi pour lutter contre la précarité, pour la revalorisation des salariés en fonction de toutes leurs compétences, ne soient pas encore entendus par les Directions !

(*) : Source « Profil de branche AFB – 2019 »